Accise, CTA, TVA : la vraie part des taxes sur la facture d’électricité de votre écurie
Quand un gérant de centre équestre regarde sa facture d’électricité, son réflexe est de regarder le prix du kWh. C’est logique, mais c’est aussi la partie sur laquelle il a le moins de marge de manœuvre en apparence, et surtout ce n’est qu’une fraction du total. Sur une facture professionnelle, la fourniture d’énergie proprement dite représente souvent moins de la moitié du montant. Le reste, ce sont les taxes et l’acheminement.
Comprendre cette décomposition n’est pas un exercice comptable : c’est ce qui permet de savoir où une négociation peut réellement faire baisser la facture, et où elle ne le peut pas.
Les quatre blocs qui composent votre facture
Une facture d’électricité professionnelle se décompose en quatre grandes lignes.
La fourniture : le prix de l’énergie elle-même, négocié avec votre fournisseur. C’est la seule ligne réellement négociable.
L’acheminement (TURPE) : le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, fixé par la Commission de régulation de l’énergie. Identique pour tous les fournisseurs, il dépend de votre puissance souscrite et de votre profil de consommation.
Les taxes : principalement l’accise sur l’électricité (ex-TICFE, ex-CSPE) et la contribution tarifaire d’acheminement (CTA).
La TVA : 20 % pour un professionnel, récupérable si vous êtes assujetti.
L’accise sur l’électricité : la taxe la plus lourde
L’accise sur l’électricité est ce que tout le monde appelle encore « CSPE » ou « TICFE ». Elle est assise sur les volumes consommés, exprimée en euros par mégawattheure, et régie par le Code des impositions sur les biens et services.
Depuis le 1er février 2026, le tarif normal applicable aux usages professionnels s’établit à 26,58 €/MWh, soit environ 2,66 centimes par kWh consommé. Depuis le 1er août 2026, les catégories « PME » et « Haute puissance » ont fusionné en une catégorie professionnelle unique.
Des tarifs réduits existent, mais ils visent les entreprises électro-intensives : un centre équestre classique n’y est pas éligible. Autrement dit, cette ligne, personne ne peut la négocier pour vous. Méfiez-vous de tout interlocuteur qui vous promettrait l’inverse.
La CTA, le TURPE et la puissance souscrite
La contribution tarifaire d’acheminement (CTA) est calculée en pourcentage de la part fixe du TURPE. Elle finance les retraites des industries électriques et gazières. Sa particularité est intéressante pour une écurie : elle est proportionnelle à votre part fixe d’acheminement, donc à votre puissance souscrite.
C’est là que se trouve un levier concret. Une puissance souscrite surdimensionnée gonfle simultanément votre part fixe de TURPE et votre CTA. Beaucoup d’écuries paient chaque mois une puissance calibrée sur un pic de consommation qui ne se produit plus depuis des années : un ancien équipement démonté, un manège éclairé différemment. C’est le sujet que nous détaillons dans notre article sur le calcul de la puissance souscrite d’un centre équestre.
Exemple chiffré : un centre équestre de 120 MWh par an
Prenons une structure consommant 120 MWh par an, avec une puissance souscrite de 60 kVA. Voici la décomposition de sa facture annuelle.
Fourniture, à 95 €/MWh : 11 400 € par an, soit 50 % du total.
Acheminement TURPE : 5 800 € par an, soit 26 %.
Accise, à 26,58 €/MWh : 3 190 € par an, soit 14 %.
CTA : 1 200 € par an, soit 5 %.
Total HT : 21 590 €, auxquels s’ajoute la TVA à 20 %, soit 4 318 €, récupérable si vous êtes assujetti.
Sur ce total HT, la fourniture représente la moitié. Si une renégociation fait passer le prix de fourniture de 95 à 82 €/MWh, l’économie est de 1 560 € par an, soit 7 % de la facture totale HT. C’est réel, c’est récurrent, et cela ne demande aucun investissement.
Ajoutez-y un ajustement de puissance souscrite de 60 à 48 kVA, et vous réduisez à la fois le TURPE et la CTA : plusieurs centaines d’euros supplémentaires par an.
Ce qu’il faut retenir avant de comparer deux offres
Deux offres de fournisseurs différents portent sur la même base de taxes et d’acheminement. Un comparatif honnête ne porte donc que sur la part fourniture et sur les conditions contractuelles. Quand un devis affiche un « prix tout compris » particulièrement bas, la première question à poser est : quelles lignes sont incluses, et à quel niveau de taxes le calcul a-t-il été fait ?
C’est précisément le travail effectué lors d’un appel d’offres : ramener toutes les propositions à une base comparable. Nous décrivons la méthode dans notre guide pour comparer les fournisseurs d’électricité pour une écurie.
Questions fréquentes
Les taxes sur l’électricité sont-elles négociables ?
Non. L’accise, la CTA et le TURPE sont fixés par la réglementation et identiques quel que soit le fournisseur. Seule la part fourniture se négocie. En revanche, la CTA et la part fixe du TURPE dépendent de votre puissance souscrite, qui elle peut être ajustée.
La TVA sur l’électricité est-elle récupérable pour un centre équestre ?
Si votre structure est assujettie à la TVA, oui, dans les conditions de droit commun. Votre comptable est le bon interlocuteur pour confirmer votre situation.
Un centre équestre peut-il bénéficier du tarif réduit d’accise ?
Les tarifs réduits visent essentiellement les entreprises électro-intensives, définies par un ratio entre dépense d’électricité et valeur ajoutée. Un centre équestre classique n’entre pas dans ces critères.
Pourquoi ma facture augmente-t-elle alors que ma consommation est stable ?
Trois causes possibles : une hausse de la part fourniture à l’échéance du contrat, une évolution du TURPE, ou une revalorisation de l’accise. La lecture ligne à ligne de deux factures espacées d’un an permet d’identifier laquelle.
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